Ce que vous devez savoir sur les delphinariums

Ce que vous devez savoir sur les delphinariums

Ce que vous devez savoir sur les delphinariums

Ce que vous devez savoir sur les delphinariums

La captivité des dauphins et des delphinidés – grands dauphins, bélougas, orques pour l’essentiel, mais aussi globicéphales, dauphins de Risso ou dauphins de rivière – soulève de graves problèmes en terme d’éthique, de recherche et de pédagogie.

Les études scientifiques montrent clairement que ces espèces ne sont pas adaptées à la vie en bassin et que le fait de les y contraindre constitue une maltraitance aggravée à leur égard, même si certains dauphins capturés en mer parviennent à survivre plusieurs décennies dans de telles conditions.

Le Grand Dauphin côtier (Tursiops truncatus) étant l’odontocète le plus fréquemment exhibé en spectacle en Europe, c’est sur lui que nous concentrerons nos réflexions. Notons cependant que les orques et les bélougas présentent des taux de mortalité nettement plus élevés du fait de leur taille, de leurs besoins éthologiques et de leurs cultures spécifiques. Les dauphins pélagiques, quant à eux, ne supportent en aucun cas d’être maintenus en détention.

Voici les raisons qui nous engagent à condamner la captivité des dauphins :

I. L’intelligence des dauphins devrait leur permettre d’obtenir le statut de « personne non-humaine »

De nombreuses études scientifiques indiquent que les dauphins possèdent des capacités intellectuelles égales ou supérieures à celles de l’être humain. Voici quelques-uns des faits les plus significatifs de cette intelligence :

Les dauphins disposent d’une authentique conscience de soi

C’est ce que démontre le célèbre « test du miroir », réactualisé à l’aide de la vidéo, où il apparaît que chaque individu se reconnaît en tant que tel, inspecte son propre corps avec intérêt, ouvre la bouche pour voir sa propre langue ou ses dents, fait des « grimaces » ou des pirouettes, de même qu’il reconnaît l’identité de ses congénères. En liberté, les dauphins s’amusent à contempler leur propre reflet dans le masque des plongeurs.

Saviez-vous que le cerveau des dauphins est plus gros celui de l’être humain et que ses circonvolutions sont plus nombreuses ? En février 2010, les experts scientifiques rassemblés à San Diego à l’occasion du Congrès annuel de l’Association Américaine pour l’Avancement de la Science, ont même conclu qu’il se pouvait que le dauphin soit plus évolué et plus intelligent que l’être humain, se fondant notamment sur le développement phénoménal de son lobe frontal, siège de la pensée consciente et de la cognition associative.

Les dauphins utilisent un véritable langage articulé,
du même niveau que celui de l’être humain

C’est ce qu’indiquent les études réalisées par Vladimir Markov, Wayne Batteau ou Kathleen Dudzinski, et bien d’autres chercheurs. Plusieurs études scientifiques se poursuivent actuellement pour tenter de percer les mystères du langage des dauphins et d’autres cétacés (notamment celui des bélougas de la Mer blanche). Celui-ci se fonde essentiellement sur la combinaison de sons pulsés (clics) et de sifflements modulés. Il a été prouvé que ces langages impliquent des notions abstraites. Et ces langages eux-mêmes employés par les dauphins diffèrent en fonction des groupes auxquels ils appartiennent.

Les dauphins disposent de capacités de raisonnement
et d’une créativité exceptionnelles

C’est ce que montrent diverses études, notamment celles menées à Kewalo Basin (Hawaï), dont tous les captifs sont morts un à un. Les dresseurs exploitent d’ailleurs chaque jour cette faculté de compréhension et d’apprentissage ultra-rapide des dauphins : ceux-ci sont capables de comprendre une grande variété de signaux sonores, graphiques ou gestuels.

Notons cependant que ce type de recherches menées en bassin visent essentiellement à vérifier si le dauphin peut penser comme l’homme. Elles tendent à enseigner des concepts humains au cétacé (comme c’est le cas pour l’apprentissage de l’AMESLAN chez les grands singes) ou créent des langages intermédiaires à usage militaire pour communiquer avec les dauphins soldats, mais cela ne nous révèle rien sur son véritable mode de pensée ni sur sa vision du monde.

Les dauphins disposent de véritables cultures « adaptatives »

Les techniques de chasse infiniment variées et innovantes que l’on découvre dans différents groupes de dauphins en témoignent. Selon les régions, les Tursiops développent diverses cultures propres et des techniques de chasse complexes et originales. Ils sont également à même de se servir d’outils.

A Shark Bay en Australie, certains dauphins utilisent un morceau d’éponge naturelle, l’enfilent au bout de leur rostre et peuvent ainsi fouiller les fonds peuplés de poissons épineux sans se blesser. Ce comportement inédit se transmet de mère en fille.

Enfin, on sait que les dauphins jouent entre eux jusqu’à l’âge adulte, qu’ils aident les individus les plus faibles de leur groupe et qu’ils pratiquent même une forme d’art : la sculpture de bulles.


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Les dauphins vivent au sein de sociétés complexes et organisées

Les communautés Tursiops s’organisent en effet en « tribus » d’une centaine d’individus des deux sexes et de tous âges (de 0 à plus de 60 ans en moyenne), subdivisées en petits «clans» ou familles de 5 à 15 individus.

Ces dauphins résidents occupent en général une vaste portion de côte, pouvant s’étendre sur 120 km et dont les frontières chevauchent souvent celles des communautés voisines. Aucune inimitié entre ces « villages marins », mais bien au contraire, des échanges incessants, des amitiés et des unions sur une plus vaste échelle encore. On parle ainsi de « super-tribus », comparables à nos «nations».

La société dauphine est de type « fission-fusion » : on va, on vient, on change de lieu et de partenaire, on se bagarre aussi entre mâles, mais sans qu’il y ait de victime ni de sang versé. Durant la belle saison, tout le monde nage près des côtes, à fourrager dans les prairies marines des baies bien protégées ou à plonger profond dans les ténèbres, sous 600 mètres parfois, en se guidant par écholocation à la manière des chauves-souris, grâce aux sons pulsés (clicks) émis par l’évent. Quand la saison se fait plus tempétueuse, les dauphins s’écartent à l’abri vers le large.

Les femelles constituent le centre même de la société dauphin. Elles vivent à quelque distance des mâles adultes qui se regroupent de l’autre côté du territoire commun. Ceux-ci se livrent souvent à des expéditions lointaines, afin de rencontrer des femelles exogames. A cet égard, la «signature sifflée» des dauphins – leur nom, en fait – permet à chacun de déterminer à quel clan appartient son vis-à-vis.

Ces divers comportements indiquent à l’évidence que les dauphins possèdent une intelligence comparable en tous points (voire supérieure en termes de puissance de calcul) à celle de l’être humain

Chaque intelligence est dépendante du système sensoriel propre à une espèce. L’univers mental des dauphins est ainsi fondamentalement différent du nôtre, puisqu’essentiellement acoustique bien plus que visuel. Néanmoins, les dauphins partagent avec nous des valeurs telles que la curiosité, la solidarité, la culture, le langage, la créativité…

Les maintenir enfermés dans le seul but de leur faire exécuter des tours en échange de morceaux de poisons morts s’apparente de toute évidence à une forme d’esclavage à laquelle La Dolphin Connection s’oppose fermement.

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II. La captivité réduit drastiquement la qualité et l’espérance de vie des dauphins

La captivité des dauphins réduit drastiquement leur espérance de vie

Contrairement à la plupart des espèces, qui vivent plus longtemps en captivité que dans leur environnement naturel, les dauphins captifs vivent en moyenne 20 ans de moins que leurs congénères sauvages. On estime à une bonne quarantaine d’années l’âge des mâles vivant en liberté. Les femelles, pour leur part, peuvent encore engendrer des enfants à cet âge et leur temps de vie est estimé à 60 ans. La propagande des delphinariums affirme au contraire qu’ils ne survivent guère au-delà de 25 ans… mais aussi que leur intelligence se situe entre celle du chien et du singe, ce qui constitue l’un des nombreux mensonges grossiers diffusés par cette industrie du loisir animal.

Une telle mortalité s’explique avant tout par le stress généré par la vie en captivité. Celle-ci implique en effet divers facteurs débilitants, qui peuvent affecter la résistance immunologique ou le psychisme des cétacés . Citons notamment :

Une privation sensorielle : Le sens premier des dauphins est l’ouïe

Celle-ci passe avant tout par l’écholocation (ou sonar) qui permet aux dauphins de «voir avec le son» (d’une manière similaire aux chauves-souris, notamment, ou aux outils d’échographie utilisés en médecine). Or, dans un bassin de béton, les ondes sonores se répercutent sur les parois des piscines, ce qui assourdit les dauphins utilisant leurs sonars. Cette utilisation est donc réduite, d’autant que les captifs ont vite fait de mémoriser la structure de la prison qui les enferme.

Par ailleurs, on aura noté que TOUS les bassins sont vides de tout objet, contrairement aux cages des grands singes au zoo, par exemple, qui comportent des agrès et autres cordages pour occuper leur interminables journées.

Ici, il s’agit de maintenir le dauphin en surface, donc de le priver de toute distraction sous l’eau, contrairement au dauphin libre qui passe près de 80% de son temps immergé.

Une privation sociale : Les dauphins captifs sont des êtres déracinés

Les dauphins capturés pour approvisionner les delphinariums sont des êtres sociaux arrachés à leur famille d’origine puis placés en compagnie de dauphins issus d’autres groupes. Ils se retrouvent ainsi au sein d’un contexte social totalement déstructuré et artificiel, présenté comme «une petite famille» (Papa, Maman et les enfants) alors que ce type d’organisation familiale ne correspond nullement à celle qui prévaut en liberté, les mâles vivant à part des femelles.

Les dauphins ainsi confinés ne comprennent pas non plus le langage ou la culture de leurs congénères (id est : Tursiops truncatus, Tursiops ponticus ou Tursiops aduncus, tous mélangés…), ce qui amplifie plus encore le stress de la vie en bassin.

La promiscuité, typique à tous les types de geôles, d’enclos ou de cages, suscite en outre des actes d’agressivité incessants. Les mâles se battent entre eux jusqu’à se tuer, et les femelles noient les enfants de leurs compagnes de bassin. Rien de ce qui fonde les sociétés dauphins n’est respecté en delphinarium.

Une tentative de domestication non-déguisée

Environ 70 % des dauphins captifs actuellement présents en Europe sont nés en captivité, généralement des œuvres d’un mâle fondateur, c’est-à-dire capturé en mer. Totalement coupés de leur mode de vie naturel, soumis au seul bon-vouloir de leur dresseur, physiquement diminués, ces nés-captifs sont devenus des créatures dénaturées : ils n’ont plus rien à voir avec des dauphins sauvages.

Les delphinariums : une tentative de domestication non-déguisée

Leur taux de mortalité est extrêmement important, surtout à l’adolescence, c’est à dire entre 10 ou 12 ans. Rappelons que la domestication d’un animal non-humain ne s’obtient qu’au terme de plusieurs millénaires : le chien, le cheval, les bovidés, les ovins, ont été domestiqués parfois bien avant le néolithique. A l’instar de l’éléphant ou du chimpanzé, le cétacé reste quant à lui un « animal sauvage », même en captivité.

Une privation d’exercice physique

Un dauphin sauvage peut nager jusqu’à 100 kilomètres en une seule journée, pour chasser, se divertir et socialiser. Dans les bassins des delphinariums, les dauphins sont condamnés à tourner en rond dans un espace si réduit qu’ils peuvent le parcourir en deux coups de caudale. Chez les orques, ce type de comportement coïncide souvent avec un affaissement de la nageoire dorsale, un signe reconnu de dépression chez cette espèce.

Ce stress se traduit par un taux de mortalité élevé chez les dauphins captifs, et particulièrement chez les delphineaux. Les animaux développent des ulcères et d’autres affections dues à une alimentation artificiellement enrichie de vitamines, antidépresseurs et autres antibiotiques, et à l’absence d’une eau de mer authentique, renouvelée par des courants et contenant une série d’oligoéléments absents de l’eau chlorée ou purifiée par ozone dans laquelle ils nagent depuis leur naissance.

Le stress ou le désespoir causé par des fausses-couches à répétition, par le départ inopiné d’un compagnon de bassin vers une autre structure de contention ou par l’intégration d’une nouveau venu dans un groupe déjà constitué, engendre par ailleurs des comportements d’automutilation (les dauphins se jettent sur les parois de leurs bassins) et des comportements suicidaires (la respiration étant un acte conscient chez les cétacés, ils peuvent décider de cesser de respirer pour mettre fin à leurs jours).

Des conditions de vie délétères

Les bassins et les conditions de vie des delphinariums ne permettent pas de répondre aux besoins physiologiques et sociaux des dauphins.

La présence d’eau chlorée est délétère pour les dauphins, provoquant notamment des maladies de la peau et des problèmes respiratoires, lesquels sont connus dans les piscines à l’usage humain où le chlore peut provoquer de graves problèmes d’asthme. L’ozone, utilisé en guise de chlore par certains delphinariums, provoque d’autres pathologies, notamment cutanées. Et les systèmes de traitement des eaux usées, chargées de fèces, induisent des taux de présence de coliformes beaucoup trop élevés dans de nombreux delphinariums, ce qui provoque diverses maladies.

Dans la nature, lorsque des dauphins s’affrontent, ils ont toujours la possibilité de fuir pour mettre fin au combat. Dans un bassin, ceci est impossible, ce qui entraîne régulièrement des blessures beaucoup plus graves que celles engendrées par des affrontements dans leur milieu naturel.

Compte tenu des connaissances scientifiques actuelles sur les dauphins, les delphinariums ne répondent pas à l’impératif posé par la loi, qui exige qu’une espèce captive puisse disposer des moyens de vivre normalement dans l’environnement recréé par l’homme. Or, il est rigoureusement impossible de recréer un environnement océanique dans un espace aussi réduit qu’un bassin ou même un lagon, comme à Harderwijck ou à Antibes.

III. Les delphinariums participent à la perpétuation des massacres de dauphins au Japon

L'industrie mondiale des delphinariums contribuent à entretenir les massacres de dauphins à Taiji, au Japon

Le film « The Cove » – La Baie de la Honte – a mis en exergue le lien existant entre l’industrie de la captivité des dauphins et les massacres qui se déroulent chaque année dans la baie de Taiji au Japon.

Une partie des dauphins capturés est revendue aux dresseurs de delphinariums provenant des quatre coins du monde (Europe, Amérique, Asie), tandis que le reste d’entre eux sont massacrés pour leur viande. Un dauphin vivant destiné à la captivité peut ainsi rapporter 150,000$, tandis que les dauphins tués pour leur viande sont vendus environ 600$.

Les dauphins sont également capturés en masse dans d’autres parties du monde, telles les îles Salomon ou divers pays en crise (Haïti, Cuba, Afrique de l’Ouest, etc.) où les règlementations de la CITES n’ont aucune force de loi faute d’un gouvernement soucieux de les faire respecter.

Dites « NON » aux delphinariums !

Pour toutes ces raisons, La Dolphin Connection s’oppose fermement à la captivité des dauphins, qu’elle estime constituer un traitement cruel et non-éthique pour une espèce dont les scientifiques ont montré qu’elle possédait des caractéristiques intellectuelles, morales et culturelles à tout le moins équivalentes à celles de l’être humain. Les cétacés constituent d’authentiques «peuples premiers» de l’océan et doivent être protégés à ce titre et dotés d’une personnalité juridique.

Ainsi, en totale adéquation avec la Déclaration d’Helsinki de mai 2010, proclamée par une assemblée de scientifiques, philosophes et spécialistes de renommée internationale, La Dolphin Connection défend la notion de « Droits de la personne » pour les dauphins et les cétacés, au premier rang desquels le droit à la vie et le droit à la liberté.

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Auteurs de l’article : Yvon Godefroid, Pierre De Vreyer